Below are two examples of monologues used in past French Fairs.  Please use these as a guide, not as your school’s actual performance.  Students are strongly encouraged to pick their own scenes and monologues for this event.

Cyrano de Bergerac, 5, VI
(Edmond de Rostand)

(audio file)

Elle vient. Je me sens déjà botté de marbre, — ganté de plomb!
Oh! Mais! … puisqu’elle est en chemin,
Je l’attendrai debout, et l’épée à la main!
Je crois qu’elle regarde …
Qu’elle ose regarder mon nez, cette camarde!
Que dites-vous? … C’est inutile? … Je le sais!
Mais on ne se bat pas dans l’espoir de succès!
Non! Non! C’est bien plus beau lorsque c’est inutile!
— Qu’est-ce que c’est que tous ceux-là? — Vous êtes mille?
Ah! Je vous reconnais, tous mes vieux ennemis!
Le Mensonge! Tiens, tiens! — Ha! Ha! Les Compromis,
Les Préjugés, les Lâchetés … (il frappe de son épée le vide)
Que je pactise?
Jamais, jamais! Ah! Te voilà la Sottise!
Je sais bien qu’à la fin vous me mettez à bas;
N’importe: je me bats! Je me bats! Je me bats!
Oui, vous m’arrachez tout, le laurier et la rose.
Arrachez! Il y a malgré vous quelque chose
Que j’emporte, et ce soir, quand j’entrerai chez Dieu,
Mon salut balaiera largement le seuil bleu,
Quelque chose que sans un pli, sans une tache,
J’emporte malgré vous,
et c’est …
Mon panache.
(This is from the final scene of the play, where Cyrano is dying, and,in his delirium, he sees the throng of his enemies–those vices which have been the object of his hatred. Mon panache refers to his plume, but stands for all those ideals which he has battled uncompromisingly.)

 

 


 

“De l’audace, encore de l’audace”

(Danton)
(audio file)

2 septembre 1792 : la Patrie est en danger. L’armée des princes, commandée par le duc de Brunswick, s’est emparée de Longwy et encercle Verdun. Prise de panique, l’Assemblée veut se replier sur la Loire. Danton, qui vient de faire créer le Tribunal révolutionnaire et de réduire les ennemis de l’intérieur, lance ce pathéthique appel à la levée en masse. Son éloquence directe et populaire rompt avec l’ordonnance classique : d’instinct, l’orateur accumule tous les éléments de nature à réveiller l’espérance et l’énergie de l’Assemblée Législative.

 

Il est bien satisfaisant, Messieurs, pour les ministres d’un peuple libre, d’annoncer à ses représentants que la patrie va être sauvée. Tout s’émeut, tout s’ébranle, tout brûle de combattre, tout se lève en France d’un bout de l’empire à l’autre. . .

Paris va seconder ces grands efforts. Tandis que nos ministres se concertaient avec les généraux, une grande nouvelle nous est arrivée. Les commissaires de la Commune proclament de nouveau, en cet instant, le danger de la patrie, avec plus d’éclat qu’il ne le fut. Tous les citoyens de la capitale vont se rendre au Champ-de-Mars, se partager en trois divisions : les uns vont voler à l’ennemi, ce sont ceux qui ont des armes ; les autres travailleront aux retranchements, tandis que la troisième division restera et présentera un énorme bataillon hérissé de piques.

Nous demandons que quiconque refusera de servir de sa personne ou de remettre ses armes soit puni de mort. – Il faut des mesures sévères ; nul, quand la patrie est en danger, nul ne peut refuser son service sans être déclaré infâme et traître à la patrie. Prononcez la peine de mort contre tout citoyen qui refusera de marcher ou de céder son arme à son concitoyen plus généreux que lui, ou contrariera directement ou indirectement les mesures prises pour le salut de l’État . . .

Le tocsin qui sonne va se propager dans toute la France. Ce n’est point un signal d’alarme, c’est la charge sur les ennemis de la patrie. Pour les vaincre, Messieurs, il nous faut de l’audace, encore de l’audace, toujours de l’audace, et la France est sauvée.

(XVIIIe siècle. Collection Littéraire. Lagarde & Michard, p. 408-409)